LIVEX 2026 vient de se terminer à l’ADNEC Centre Abu Dhabi. L’événement s’est tenu du 29 septembre au 1 octobre 2026, avec une ambition clairement institutionnelle : réunir gouvernements, investisseurs, promoteurs, experts et public autour de la liveability et de l’investissement.
Le point intéressant pour une agence de musique n’est pas seulement l’événement. C’est la manière dont WithFeeling présente son travail : une identité sonore pour LIVEX, un thème publié sous le titre « Live What’s Next (LIVEX) », un film d’ouverture scoré et sound designé, et un système destiné à vivre sur scène, en social, dans un hall et dans des contextes de parole.
Nous ne commentons pas ici la qualité audible du résultat. Nous n’avons pas besoin de prétendre avoir assisté à l’événement ou écouté chaque déclinaison. Ce qui est vérifiable, c’est le dispositif annoncé et son intérêt de production.
L’événement impose plus qu’un morceau
Les sources officielles décrivent LIVEX comme la plateforme phare d’Abu Dhabi pour la liveability et l’investissement. La page média annonce notamment plus de 20 000 participants, plus de 50 pays et 1 500 investisseurs. L’ADNEC précise que l’événement est organisé par le Department of Municipalities and Transport.
Dans ce contexte, une musique d’ouverture isolée ne suffit pas. Un événement de cette taille demande des entrées de scène, des transitions, des films, des attentes en salle, des contenus courts, des signatures et des versions capables de passer d’un discours officiel à une expérience publique.
C’est là que l’identité sonore devient utile. Elle permet d’éviter une collection de musiques sans relation. Elle donne une grammaire commune aux moments visibles et aux moments moins visibles, ceux qui font pourtant tenir l’expérience.
Pour les annonceurs qui travaillent déjà en film, la logique est proche d’une campagne à nombreux formats. Le sujet n’est pas seulement la piste principale, mais la résistance de l’idée musicale aux usages.
Un thème doit devenir un système
WithFeeling indique avoir créé la sonic identity de LIVEX, écrit le son de l’événement et porté l’idée dans un film d’ouverture. La page mentionne aussi plusieurs contextes : leadership film, outro social de quinze secondes, walk-on de keynote, musique de fond longue pour hall d’exposition et dîner de gala.
Ce détail est précieux. Il rappelle qu’une identité sonore professionnelle se juge moins à sa mélodie qu’à sa capacité d’adaptation.
Un thème trop chargé peut impressionner dans un film principal et devenir encombrant sous une voix. Un motif trop discret peut fonctionner en ambiance et disparaître dans un contenu social. Une texture trop localisée peut devenir caricaturale dès qu’elle est répétée.
La bonne question de brief serait donc : quel est le noyau reconnaissable quand on retire l’orchestration, le tempo, la durée et parfois même la mélodie ? Est-ce un intervalle, une cellule rythmique, une couleur de timbre, une respiration, un geste de basse, un rapport entre matière acoustique et électronique ?
C’est une question que nous posons aussi en publicité lorsque la campagne prévoit des cutdowns, des formats verticaux et des assets événementiels. Voir stems, cutdowns et versions : livrer une campagne sans chaos.
Le risque du territoire sonore « destination »
Le sujet le plus délicat est culturel. LIVEX porte Abu Dhabi. Le son devait, selon la présentation de WithFeeling, « feel like Abu Dhabi » sans devenir une carte postale. C’est exactement le piège de beaucoup de projets territoriaux, luxe ou institutionnels.
Dès qu’une musique doit représenter une ville, un pays, un artisanat ou une ambition publique, la tentation est forte d’empiler les signes. Instruments attendus, modes reconnaissables, percussions de surface, nappes solennelles, grand geste émotionnel. Le résultat peut être immédiatement compréhensible, mais pauvre et parfois réducteur.
La limitation sérieuse est donc la suivante : une identité sonore ne peut pas résoudre seule un positionnement culturel. Elle peut soutenir une direction, mais elle ne peut pas compenser un récit flou ou opportuniste.
Dans un bon brief, il faut distinguer trois choses : ce qui doit être local, ce qui doit être international, et ce qui doit rester simplement humain. Cette distinction évite de faire porter à la musique une charge symbolique impossible.
Pour une lecture voisine côté marques, voir comment éviter l’effet musique de luxe générique et musique orchestrale moderne pour une campagne de luxe.
Un exemple concret de déclinaison utile
Imaginons le même noyau musical décliné sur cinq usages. Pour le film d’ouverture, il peut s’ouvrir avec des matières longues, une progression harmonique et un point de bascule. Pour l’entrée d’un intervenant, il doit devenir plus court, plus frontal, avec une attaque claire et une fin propre.
Pour un outro social de quinze secondes, il faut une signature immédiate, sans introduction trop lente. Pour un hall d’exposition, il faut réduire la densité, éviter la fatigue et laisser les conversations exister. Pour un dîner, il faut une version qui signale la marque sans imposer un récit héroïque.
La composition n’est donc qu’une partie du travail. L’architecture des versions, les stems, les durées, les boucles, les fins alternatives, les niveaux, le mix et la nomenclature des fichiers deviennent aussi importants que le thème.
C’est souvent là que se gagne ou se perd un projet. Pas dans la première présentation, mais dans la semaine où tous les assets doivent fonctionner sans chaos.
Ce que les marques peuvent retenir
LIVEX illustre une évolution plus large : les marques et institutions commandent de moins en moins une seule musique. Elles commandent des systèmes sonores capables de circuler entre film, événement, social, CTV, expérience physique et communication interne.
Pour les producteurs, cela change le brief. Il faut demander une idée musicale, mais aussi sa carte d’usages. Où sera-t-elle forte ? Où doit-elle disparaître ? Quelles versions seront nécessaires ? Quels éléments resteront reconnaissables si la voix, le lieu ou le format changent ?
Si vous préparez un lancement, un film de marque ou une expérience événementielle, le bon moment pour poser ces questions est avant le montage final. Après, il reste possible de produire de la musique. Il devient simplement plus difficile de construire un système cohérent.
Sur ce point, voir aussi quand faire appel à une agence de musique pour une publicité et brief musical publicitaire : ce qu’une agence doit envoyer.

